Autant l'écrire

22 juin 2017

Ce que j'aimerai dire aux américains au lendemain du retrait des États-Unis des accords de Paris sur le climat

Je suis triste aujourd'hui. Votre président a décidé de sortir votre pays des accords de Paris sur le climat. 

 Ces accords, pour être franc, je ne sais pas exactement ce qu'ils contiennent, je ne sais pas s'ils régleront les problèmes écologiques majeurs vers lesquelles notre Terre semble aller et je ne sais pas s'ils rendront le futur des mes enfants meilleur, mais ils semblent offrir un bel espoir pour notre avenir. Surtout et c'est magnifique, ils montrent que parfois les Hommes sont capables de dépasser leurs clivages et leurs égocentrismes. Ils montrent aussi qu' ils sont parfois capables de voir un peu plus loin de que leur simple lendemain. Ils montrent enfin que les Hommes ont conscience que le Monde de demain se bâtit sur des fondations qu'ils créent aujourd'hui et que ces fondations doivent être saines pour ne pas, qu'un jour prochain, le bâtiment s'écroule.

 Votre président a décidé de sortir les États Unis des accords de Paris sur le climat. Mais vous n'êtes pas votre président. Les États Unis ne sont pas votre président. Vous, et vous seuls, êtes les États Unis. Vous êtes depuis des siècles reconnus comme étant les leaders du Monde, ceux que nous regardons avec respect et avec admiration. Ceux que nous regardons, parfois avec crainte, parfois avec envie, parfois avec peur, parfois avec joie, parce que vous êtes le reflet de ce que nous serons demain. Alors si votre président a décidé de sortir des accords de Paris ne renoncez pas, vous, à rendre notre Monde plus beau.

 Je souhaite que vos plus belles entreprises et vos plus grandes institutions reprennent ce flambeau que votre président a lâchement abandonné. Je souhaite que chacun d'entre vous prennent son destin en main, celui de ses enfants et celui de l'humanité en adoptant un comportement respectueux de la planète. 

Les grandes révolutions ne viennent jamais d'une élite, elles viennent d'une volonté commune des masses de changer le Monde dans un but meilleur. Si votre président renonce, soyez vous les acteurs de cette révolution. Vous en serez que plus méritants.

 Votre président a dit une belle chose : rendre l'Amérique grande à nouveau. Soyez plus ambitieux encore : rendez le Monde plus beau.

Nicole Culot 

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08 novembre 2013

Un jour mon amour nous serons vieux

Ça fait trois mois, peut-être un peu moins que j'ai cet air de musique dans la tête.

 Ça a débuté comme ça. Par un coup de téléphone qui perturba mes pensées et m'empêcha d'être plus que ça attentif au son du poste de radio de ma voiture. Dans cet état songeur, je capte rapidement les dernières notes d'une chanson. Ça faisait un bout de temps que la musique ne me faisait plus beaucoup d'effet mais la fin de ce tube  avait  retenu mon attention. Je passe ma journée au boulot en pensant à ces quelques notes et le soir en rentrant chez moi, je tape sur Youtube le nom de l'auteur que l'animateur radio avait, pour une fois, mentionné.

 Youtube donc, Asaf Avidan, One day. Première écoute : le remix par Wankelmut. : coup de foudre immédiat. Ré écoute, puis encore et encore et encore... Une dizaine de fois sûrement. Le remix donne une pêche incroyable, ça bouge, ça donne envie de sauter partout. 

Je creuse alors un peu et recherche les paroles. Le texte ne va pas avec le rythme : L'histoire d'une rupture, d'un mec qui ne s'en remet pas, qui en veut à son ex et s'en veut d' y accorder encore de l'importance. Un premier couplet qui en dit long sur cette histoire impossible où l'on ressent que bien qu'il essaye de se détacher de celle qui le hante, ça semble voué à l'échec.  Et ce refrain : One day baby we will be old, oh baby we will be old, and think about all the stories that we could have told (un jour, baby, nous serons vieux, oh baby, nous serons vieux et nous repenserons à toutes ces histoires que nous aurions pu raconter). 

J'ai le clip, les paroles mais il a quelle tête Asaf Avidan? Je cherche un peu plus sur Youtube et je tombe sur un extrait de taratata. Plus du tout le même rythme que le remix, juste Asaf Avidan en live avec sa guitare et sa voix de fausset pourtant si juste et si belle.

 Paul Art

 

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06 décembre 2002

L'homme à la barbe blanche

Il y a des instants de vie qui peuvent sembler anodins mais qui laissent de beaux souvenirs. 

Je me souviens, par exemple, de cette rencontre avec cet homme à la barbe blanche. Son image a profondément marqué ma mémoire. On ne s'est pourtant pas parlé, je crois même qu'il ne m'a pas vu mais peu importe.

Nous sommes en 2002 et cette scène se situe loin, très loin maintenant, aussi bien dans le temps que dans l'espace. Elle se situe dans un bar, ou plus exactement sur la terrasse d'un bar qui offrait une vue magnifique sur le Jokang, un temple sacré à Lhassa au Tibet.

 Je n'avais pas 25 ans, il devait en avoir pas loin de 80. J'étais assis à une table avec deux amis et nous jouions aux cartes quand il est entré. Il avait une allure incroyable, une barbe blanche bien taillée et il portait un chapeau en feutre. Il était très élégant. Dans mon souvenir, il avait les yeux bleus. Il était seul et il s'est assis à une table un peu en retrait mais qui dominait la foule des pèlerins.

L'espace d'un instant j'ai imaginé voir Heinrich Harrer. Il avait son allure, du moins celle que je m'imaginais de lui et le lieu s'y prêtait. Pour moi le Tibet était une convalescence après un accident de santé traumatisant ; une sorte de renaissance. Je l'ai vu et j'ai souhaité être à son image 55 ans plus tard. Il respirait la sérénité, le bien être et il dégageait l'énergie de ceux qui ont eu une vie palpitante. Sa solitude lui donnait par ailleurs une autre dimension, la dimension d'un grand homme. Combien de voyages avait-il déjà fait ici à Lhassa? Plusieurs certainement. Il était la, seul, et ces yeux contemplaient les pèlerins autour du temple sacré. Je n'ai pas eu envie de l'aborder, par pudeur d'abord mais surtout par peur de casser l'image que je me faisais de cet homme. Je me suis donc imaginé sa vie. Une vie avant tout de grand voyageur.

 Puis nous avons du partir. J'ai regardé cet homme vieux mais si beau une dernière fois. Un instant, j'ai cru voir ces yeux s'embuer. Cela m'a profondément touché. A 25 ans, on n'imagine pas ne jamais revoir les merveilles du Monde que l'on a contemplé. 80 ans est-il un âge ou l'on y songe?  Mon vieil homme conscient de son âge contemplait peut-être Lhassa pour la dernière fois. 

Marc Pulovert

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